L’équipement de protection individuelle en milieu hospitalier désigne l’ensemble des dispositifs portés par le personnel soignant pour se protéger contre les risques biologiques, chimiques et physiques. Ces EPI créent une barrière entre le soignant et les agents infectieux, réduisant considérablement les risques de contamination croisée.
En Côte d’Ivoire, où le système de santé connaît une modernisation accélérée avec la certification ISO de plusieurs établissements, la maîtrise des EPI est devenue une priorité absolue. Ce guide vous présente tout ce qu’il faut savoir pour garantir la sécurité du personnel et des patients dans vos établissements de santé.
Qu’est-ce qu’un EPI médical et pourquoi est-il indispensable ?
Un équipement de protection individuelle médical est un vêtement ou accessoire spécialisé conçu pour protéger le professionnel de santé contre l’exposition aux agents pathogènes. Ces dispositifs constituent la première ligne de défense dans les hôpitaux, cliniques et laboratoires.
Les risques encourus sans EPI adapté sont multiples et concernent l’ensemble du personnel hospitalier :
- – Risques biologiques : exposition au sang, aux fluides corporels et aux agents infectieux tels que virus (VIH, hépatites, coronavirus) et bactéries
- – Risques chimiques : contact avec désinfectants, médicaments cytotoxiques et produits de nettoyage
- – Risques physiques : coupures, piqûres d’aiguilles et projections diverses
- – Risques radioactifs : exposition aux rayons X en service d’imagerie médicale
La législation ivoirienne, dans le cadre de la loi n° 2019-678 portant réforme hospitalière, impose aux établissements publics hospitaliers de garantir la sécurité de leur personnel. Cette obligation s’inscrit également dans les démarches de certification ISO 9001 et ISO 7101 actuellement déployées dans les CHU et hôpitaux de référence du pays.
Les différents types d’EPI utilisés à l’hôpital
Protection des mains : les gants médicaux
Les gants médicaux constituent l’EPI le plus couramment utilisé en milieu hospitalier. Ils forment une barrière essentielle entre les mains du soignant et les matières potentiellement infectieuses.
On distingue plusieurs catégories selon leur usage :
Gants d’examen non stériles : destinés aux soins courants et aux manipulations à faible risque. Disponibles en latex, nitrile ou vinyle, ils doivent répondre à la norme NF EN 455.
Gants chirurgicaux stériles : utilisés en bloc opératoire et pour les actes invasifs nécessitant une asepsie rigoureuse.
Gants de protection chimique : conformes à la norme ISO 374-5, ils protègent contre les produits dangereux manipulés en pharmacie hospitalière ou en laboratoire.
Le choix du matériau est crucial dans le climat tropical ivoirien. Les gants en nitrile offrent une excellente résistance tout en limitant les risques d’allergie, contrairement au latex naturel qui peut provoquer des réactions chez certains utilisateurs. Les prix varient généralement entre 15 000 et 45 000 FCFA la boîte de 100 gants selon la qualité et le fournisseur.
Protection respiratoire : masques chirurgicaux et FFP2
La protection des voies respiratoires est essentielle pour prévenir la transmission d’agents pathogènes aéroportés. Deux grandes catégories de masques sont utilisées en milieu hospitalier :
Les masques chirurgicaux (norme EN 14683) protègent principalement le patient en filtrant les gouttelettes émises par le soignant. Ils sont classés en trois types :
- – Type I : filtration bactérienne ≥ 95%
- – Type II : filtration bactérienne ≥ 98%
- – Type IIR : type II avec résistance aux projections de sang
Les masques FFP2 (norme EN 149) protègent le soignant en filtrant au moins 94% des aérosols. Ils sont indispensables lors des procédures générant des aérosols comme l’intubation, les aspirations trachéales ou les soins aux patients atteints de tuberculose.

Pour les établissements de santé en fournitures et équipements, il est recommandé de maintenir un stock stratégique de ces deux types de masques.
Protection du corps : blouses et combinaisons
Les blouses médicales et surblouses protègent la tenue du soignant contre les projections de liquides biologiques. Selon le niveau d’exposition, on choisira :
Blouses standard : pour les soins courants sans risque majeur de projection. Elles sont généralement en coton ou polyester-coton.
Blouses d’isolement jetables : conformes à la norme EN 14126 pour la protection contre les agents infectieux. Elles sont classées en 6 types selon le niveau de protection requis.
Combinaisons intégrales : utilisées dans les situations à haut risque comme la prise en charge de patients atteints de fièvres hémorragiques.
Dans le contexte climatique de la Côte d’Ivoire, le confort thermique des vêtements de protection est un critère de choix important. Les établissements privilégient de plus en plus les matériaux respirants pour limiter l’inconfort lié à la chaleur et l’humidité.
Protection oculaire : lunettes et visières
Les yeux représentent une porte d’entrée pour de nombreux agents pathogènes. La protection oculaire conforme à la norme NF EN 166 est obligatoire lors des situations à risque de projection.
Les lunettes de protection offrent une couverture latérale et doivent être compatibles avec le port de lunettes de vue. Les surlunettes de sécurité constituent une solution pratique pour les porteurs de verres correcteurs.
Les visières ou écrans faciaux protègent l’ensemble du visage et présentent l’avantage de pouvoir être retirées sans toucher le visage. Elles sont particulièrement recommandées en bloc opératoire et lors des soins aux patients COVID-19.
Protection de la tête et des pieds
Les charlottes et calots limitent la dissémination de cheveux et de squames dans les zones sensibles comme les blocs opératoires et les salles blanches.
Les surchaussures protègent les chaussures des contaminations et évitent la propagation d’agents pathogènes d’une zone à l’autre de l’établissement.
Normes et réglementations applicables aux EPI hospitaliers
Cadre réglementaire européen et international
Les EPI médicaux sont soumis à deux cadres réglementaires distincts selon leur fonction :
Le règlement européen 2016/425 régit les équipements de protection individuelle et classe les EPI en trois catégories selon le niveau de risque. Les EPI hospitaliers relèvent généralement de la catégorie III (risques mortels ou irréversibles).
La directive 93/42/CEE encadre les dispositifs médicaux comme les masques chirurgicaux, qui doivent porter le marquage CE attestant de leur conformité.
Contexte réglementaire en Côte d’Ivoire
Le système de santé ivoirien s’aligne progressivement sur les standards internationaux. Le Plan National de Développement Sanitaire 2021-2025 met l’accent sur le renforcement de la démarche qualité dans les établissements sanitaires.
Les hôpitaux engagés dans la certification ISO doivent mettre en place des procédures documentées pour la gestion des EPI, incluant la sélection, l’approvisionnement, le stockage et la formation du personnel.
Le CODINORM (Côte d’Ivoire Normalisation) travaille à l’harmonisation des normes applicables aux équipements de santé, en collaboration avec les instances sous-régionales de l’UEMOA.
Comment choisir le bon EPI selon le risque ?
Le choix de l’équipement approprié repose sur une évaluation préalable des risques propres à chaque situation de travail. Cette analyse doit prendre en compte plusieurs facteurs :
Nature du risque : biologique (contact avec sang ou fluides), chimique (manipulation de désinfectants), physique (risque de coupure) ou radioactif.
Voie d’exposition : contact cutané direct, inhalation, projection oculaire ou ingestion accidentelle.
Durée d’exposition : les EPI portés de manière prolongée doivent offrir un confort optimal pour favoriser l’observance.
Compatibilité entre EPI : lorsque plusieurs équipements sont nécessaires, ils doivent pouvoir être portés ensemble sans compromettre leur efficacité.
Pour les services de bâtiment et construction d’établissements hospitaliers, l’intégration des contraintes liées aux EPI doit être anticipée dès la conception des locaux.
Procédures d’utilisation et de retrait des EPI
Habillage : la séquence à respecter
L’ordre d’enfilage des EPI est crucial pour garantir une protection optimale. La séquence recommandée est :
– Hygiène des mains avec solution hydroalcoolique
– Mise en place de la blouse ou combinaison
– Port du masque en vérifiant l’étanchéité (test d’ajustement pour les FFP2)
– Mise en place de la protection oculaire
– Enfilage des gants par-dessus les manchettes
Déshabillage : éviter l’autocontamination
Le retrait des EPI représente le moment le plus critique, où le risque de contamination est maximal. La séquence inversée doit être scrupuleusement respectée :
– Retrait des gants en les retournant
– Hygiène des mains
– Retrait de la blouse en la roulant vers l’intérieur
– Retrait de la protection oculaire par les branches latérales
– Retrait du masque par les élastiques
– Hygiène des mains finale

Gestion des déchets d’EPI
Les EPI à usage unique contaminés sont considérés comme des déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI). Ils doivent être éliminés dans des conteneurs adaptés selon la réglementation en vigueur.
Formation et sensibilisation du personnel
La formation du personnel à l’utilisation correcte des EPI est une obligation légale et un facteur clé de réussite. Elle doit inclure :
Formation initiale : pour tout nouveau personnel intégrant l’établissement, avec évaluation des compétences acquises.
Recyclage régulier : pour maintenir les bonnes pratiques et intégrer les évolutions réglementaires ou techniques.
Exercices pratiques : simulation de situations réelles permettant de s’entraîner à l’habillage et au déshabillage.
Les services aux entreprises incluent souvent des prestations de formation et d’accompagnement à la mise en conformité des procédures de sécurité.
Où se procurer des EPI de qualité en Côte d’Ivoire ?
Plusieurs fournisseurs spécialisés proposent des équipements de protection conformes aux normes internationales à Abidjan et dans les principales villes du pays.
Pour garantir la qualité de vos approvisionnements, privilégiez les fournisseurs capables comme CIPSARL . Les prix moyens constatés sur le marché ivoirien sont :
- – Gants d’examen nitrile : 25 000 à 40 000 FCFA / boîte de 100
- – Masques chirurgicaux : 8 000 à 15 000 FCFA / boîte de 50
- – Masques FFP2 : 35 000 à 60 000 FCFA / boîte de 20
- – Blouses jetables : 3 000 à 8 000 FCFA l’unité
- – Lunettes de protection : 5 000 à 20 000 FCFA l’unité
Conclusion
Les équipements de protection individuelle en milieu hospitalier sont indispensables pour garantir la sécurité du personnel soignant et des patients. Leur efficacité repose sur trois piliers : le choix d’équipements conformes aux normes, le respect des procédures d’utilisation et la formation continue du personnel.
Dans le contexte de modernisation du système de santé ivoirien, la maîtrise des EPI s’inscrit dans une démarche globale de qualité et de sécurité des soins. Les établissements engagés dans cette voie renforcent leur crédibilité et contribuent à améliorer l’image du système hospitalier national.
Vous souhaitez équiper votre établissement de santé en EPI conformes aux normes ? Contactez nos experts au +225 07 07 65 38 98/+225 05 64 25 26 81 pour un accompagnement personnalisé dans le choix et l’approvisionnement de vos équipements de protection.